beurré superfin

Pyrus communis L.

Poirier



Description de l'arbre

Bois très fort.
Rameaux assez nombreux, érigés au sommet de la tige, étalés vers la base, gros, longs, des plus coudés, gris verdâtre légèrement rosé, finement et abondamment ponctués, ayant les coussinets peu ressortis.
Yeux de grosseur moyenne, coniques ou ovoïdes-pointus, appliqués en partie contre le bois.
Feuilles grandes, elliptiques allongées, souvent acuminées, fortement dentées ou crénelées, ayant le pétiole long, épais et flasque.
Fertilité convenable.
Arbre vigoureux, rustique, et prend indistinctement le franc ou le cognassier ; son écusson se développe vite, ses pyramides sont fortes et belles.

Description du fruit

Grosseur : assez volumineuse.
Forme : irrégulièrement turbinée, ventrue, bosselée, plus ou moins obtuse et parfois un peu étranglée près du sommet, où elle est généralement plissée et contournée.
Pédoncule : de longueur moyenne, très nourri, renflé à son point d'attache, des plus charnus à son point d'insertion, obliquement implanté à fleur de peau, quelquefois comprimé d'un côté par un mamelon, et quelquefois aussi presque continu avec le fruit.
Oeil : grand, rond, bien fait, ouvert ou mi-clos, faiblement enfoncé.
Peau : Jaune d'or, luisante, toute parsemée de points et de larges taches fauves, et vermillonnée sur la face exposée au soleil.
Chair blanchâtre, fine et très fondante, aqueuse, un peu granuleuse au coeur.

Goût

Eau abondante, fraîche, acidule, sucrée, imprégnée d'un parfum aussi savoureux que bien prononcé.
Fruit de première qualité.

Origine de la variété (obtenteur, origine géographique pour les variétés locales...)

Parmi les poires nées dans l'Anjou, il en est peu qui l'emportent en excellence sur celle ici décrite, sortie d'un semis de pépins de Duchesse d'Angoulême, de Gros-Blanquet et de Doyenné, fait à Angers en 1837, par Goubault, horticulteur aujourd'hui décédé. En 1844, l'arbre-type de cette variété s'étant mis à fruit, le Comice de Maine-et-Loire fut chargé d'en déguster les premiers produits. Il le fit, et dans sa séance du 17 novembre son président, M. Millet, rendit compte ainsi de la mission qu'on lui avait confiée :
"Pendant les vacances j'ai été appelé à examiner une nouvelle poire obtenue de semis par M. Goubault, et dont la maturité est en septembre. A cause de ses bonnes qualités je lui ai donné le nom de BEURRE SUPERFIN. Comme cet horticulteur a déjà gagné le Beurré Goubault et le Doyenné Goubault, fruit très recommandables sous tous les rapports, je propose de lui décerner, à titre de récompense, une médaille de Vermeil." (Travaux du Comice, t. III, pp. 137, 139, 140 et 160.)

Et la médaille demande fut accordée et remise par le Comice à M. Goubault, le 6 avril 1845. En la recevant, ce dernier s'engagea à mettre en vente dans le courant 1846, son Beurré Superfin, et tint fidèlement parole. Telles sont les diverses dates et circonstances relatives à la naissance, à la propagation de ce fruit si répandu ; nous désirons que désormais elles servent à rectifier les erreurs échappées à ceux qui, mal renseignés, en ont parlé dans leurs pomologies.

Complément d'informations

Cette variété, dès son apparition, se vit dotée du pseudonyme Cumberland, tendant à la faire passer pour appartenir aux gains du semeur belge Van Mons. Plus tard, en 1860, on la déclara identique avec les poires Dathis et Graslin. Aujourd'hui, chacun sait que le Beurré Superfin figure à bon droit parmi les espèces, et qu'il diffère même beaucoup des poires auxquelles on prétendait l'assimiler, le réunir. Cependant, comme il se pourrait qu'on nous supposât ici, où nous sommes juge et partie, imbu de partialité à l'égard d'un poirier poussé dans nos murs, nous allons confier à M. Willermoz, rédacteur des travaux du Congrès pomologique, le soin de le défendre :

"C'est par erreur - affirme en 1863 cet écrivain - c'est par erreur que M. de Jonghe, de Bruxelles, dit que le Beurré Superfin est la poire Cumberland de Van Mons. M. Decaisne se trompe également en disant que Beurré Superfin Graslin et Dathis, sont un même fruit. Ces quatre poires sont PARFAITEMENT DISTINCTES et d'origine très différentes. :
- Le Cumberland a été obtenu par Van Mons ; cette variété, qui ne prend jamais de couleur rouge, a la forme d'un Colmar.
- La Graslin a été trouvée par M. de Graslin, ancien consul de France en Espagne. Cette poire affecte la forme de Bon-Chrétien ; elle a le goût de la Duchesse d'Angoulème et ne prend pas de couleur rouge.
-La poire Dathis, d'origine incertaine, est un gros fruit qui prend toujours la forme de Bésy ; sa peau unie, d'un jaune tendre, ne prend pas de rouge ; sa chair est sèche, de très médiocre qualité" (Pomologie de France, 1863, t. I, n° 43).


Terminons en assurant avec M. Eugène Forney (Le Jardinier fruitier, 1862, t. I p. 191) que le Beurré Superfin "a de l'analogie avec le Beurré gris, dont il possède à un haut point toutes les qualités, et qu'il remplace avec avantage, n'ayant pas comme lui le défaut d'être sujet aux chancres. En ajoutons qu'il acquiert parfois un volume considérable, car nous avons vu de ces poires dont le poids dépassait 350 grammes.

== Crédit description, André Leroy, Dictionnaire de pomologie ==




Periode de conservation : Septembre - Octobre -

Bibliographie

- Les fruits retrouvés (2ème édition). E.Leterme & J-M. Lespinasse.
- Annales de pomologie Belge et Étrangère
- Dictionnaire de Pomologie, André Leroy
- Le verger français


 beurré superfin




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